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Bresil --> Posez un pied au Bresil, vous y resterez (Matos)

Après maintes difficultés, nous atterrissons au Bresil. A Sao Paulo, heureux et soulagés, nous retrouvons Patrick et Bertin, enfin.

Les retrouvailles, comme vous pouvez l'imaginer, sont emouvantes. Toutefois, j'ai l'impression de les avoir quittes la veille. Ce doit etre ce qui se passe lorsque durant 18 mois vous gardez les etres chers dans votre coeur, toujours presents. Bon mais ce n'est pas le tout, comme il faut qu'ils s'impregnent de notre voyage nous decidons de parcourir la route cotiere "Rio-Santos", en velo bien sur. Pat et Bertin se procurent des velos sur place, d'occase et robuste pour Pat, neuf et frele pour Bertin. D'ailleurs après a peine 5 km, les deboires commencent avec sa roue avant qui glisse sur le cote. Bertin doit changer le roulement de chacune de ces deux roues a Santos. Apres les reparations, nous empruntons deux ferries qui nous projettent dans un autre paradis. La route, plane, est merveilleuse. Tandis que le thermometre affiche 49 degres sur le bitume, nous longeons des plages incroyables sur lesquelles les Bresiliens lezardent ou jouent au "foutchebol". Ils ont le temps, apparemment toute la journee. Toutes et tous profitent pleinement et tranquillement de ce qui les entourent tandis que la musique, diffusee par les cabanes de plage et les voitures, berce les allees. Les Bresiliennes et Bresiliens suivent le rythme et improvisent des danses sur du Forro ou de la Bossa. Mais attention tout n'est pas si rose et la geographie de cette premiere journee s'avere etre un leurre. En effet, meme si la greve de chaque village est somptueuse et l'eau turquoise, sachez qu'y acceder remonte de l'exploit. En fin surtout a velo. En fait, la cote vraiment abrupte se jette directement dans l'ocean. Certes chaque village s'est developpe le long d'une plage, mais chacun d'eux est love entre deux collines qui revendiquent le titre de montagne. Leur acces et leur sortie sont incroyablement pentus. Au depart nous pouvons pedaler et Bertin, surevolte, lache les chiens. Mais bien vite la cote se raidit fortement et son derailleur deregle -nous sommes morts de rire en le voyant taper dessus avec son pied droit pour changer de plateau tout en roulant- l'oblige a forcer, puis a s'arreter. La chaleur et le poids du velo aidant, nous devinons les etoiles devant ses yeux et Patopat de sortir serieux, mais protecteur :"Tu veux taper par orgueil ; tape pas trop fort lapin, tape pas trop fort..." Heureusement, nous nous arretons souvent pour nous hydrater avec de l'eau de coco, a l'ombre des palmiers ou bien pour nous passer la tete sous une source d'eau fraiche. Mais voici Sao Sebastiao et nos deux comperes, a peine arrives, doivent deja nous quitter. Emotion. Merci a vous deux d'etre venus. Merci a vous deux pour ces moments d'hilarite, de joie et de bonne humeur. Et la route continue devoilant tour a tour ses secrets, ses beautes, ses longues cotes et ses descentes bien trop courtes. Sur notre gauche une vegetation luxuriante d'herbes folles, de palmiers, de cocotiers d'arbres aux fleurs de couleur jaune, fuschia, ou rose contraste avec le bleu intense du ciel qui se reflete dans l'ocean, trouble par une multitude d'iles verdoyantes. Aujourd'hui, nous sommes a Parati. Cette ville coloniale, bien que trop touristique a notre gout, regroupe des curiosites, des batiments, d'une autre epoque. Les rues sont irregulierement pavees. En effet, les pierres sont grosses, petites, hautes, basses et surtout ont ete polies et faconnees par les pluies, les innondations et les marees ; certainement aussi par les pas de dance qui embrasent la ville. Je n'ai aucun mal a le croire car nous visitons ses charmes sous la pluie calme et incessante toujours berses par la musique, le chant et la danse. Alors que nous reprenons le chemin, nous oublions presque certains parametres qui nous suivent depuis le bedut de notre periple, notamment le vent. Dans votre dos, il est un ami precieux. Une fois encore, meme s'il n'est pas violent, il nous fait face. C'est une constante, maintenant. Nous l‚avons vraiment fait a l'envers ce tour du monde ! Et puis, après avoir traverse tous ces magnifiques paysages, il est temps d'arriver dans la "Cidade maravillosa", Rio de Janeiro. Ce jour-la nous nous sommes leves tot et après 80 km de cotes, de vent dans le nez, de chaleur nous atteignons les abords de Rio. Tellement immense, cette megalopole presente un traffic routier dense et inquietant. Alors, nous decidons de nous rendre a Catete, un quartier plus au nord de Rio (nous arrivons du sud), par les pistes cyclabes qui longent la cote. Pour info, Rio possede un reseau de 74 km de piste cyclable. Ca c'est extra... Quand nous longeons la premiere plage, des immeubles s'offrent a notre vue, mais qu'ils sont loin, bien bien loin. Il est environ 15 heures et le trajet est encore long. Comme par magie, le vent de face est toujours present et encore plus fort. Alors que nous longeons ce sable blanc nous avons en tete les dangers que peut offrir Rio, surtout la nuit. De plus en ce moment, la police resserre ses griffes pour eradiquer le traffic de drogue. Une sorte de guerre civile fait rage, les combats de rue redoublent et les balles perdues atteignent de mauvaises cibles. Ils ont apparemment arrete l'un des caids surnomme Lulu, mais recherchent son successeur potentiel, surnomme Dudu... D'ailleurs, en pedalant, tandis que nous apercevons les favelas d'un cote, Rosinha entre autres, et les plages de ce sable si fin de l'autre, je repense a Paulo, un ecrivain et poete reencontré a Sao Paulo, qui nous disait "Tu sais, le Bresil a un pied ancre dans la m... et l'autre dans le progres". Maintenant il est 16h00, le jour tombe dans 90 minutes. Alors que notre destination semble s'eloigner, notre plan est compromis car il est impossible de continuer a longer la plage. Soit nous faisons l'ascension du "moro" qui s‚eleve devant nous, soit nous empruntons le pont suivi du tunnel interdit aux velos, mais c‚est plus rapide. Et oui la nuit arrive... Rassurez-vous nous ne sommes pas suicidaires et escaladons (le mot n'est pas trop fort) cette montagne en poussant nos velos ; aussi vite que possible. Le sommet se devoile, puis la descente. Malgre tout le jour baisse, la chaussee deformee se retrecit, les voitures trop pressees klaxonnent et doublent en nous serrant de bien trop pres. Enfin nous retrouvons les pistes et notre liberte. De la, il nous reste encore 15 km a parcourir, il est 17h30. A toute allure nous longeons les plages de Leblon, Ipanema, Copacabana. Nous apercevonsle Corcovado et le Christ redempeur qui nous tend les bras, c'est un signe... Nous sommes sur la plage de Botafogo (et oui encore une) et le sang nous bat les tempes. Comme nous ne sommes pas des machines, d'ici nous admirons le Pao de Azucar (le pain de Sucre) qui s'offre devant nous. Ne nous attardons pas non plus, il nous reste quelques kilometres le long de Flamengo, la derniere plage, avant d'arriver apres 105 km et plus de 8 h 30 de route mouvementee et incertaine. Apres cette chevauchee fantastique et nous etre reposes un brin, nous pouvons rendre visite et remercier Margriet et Ramiro, puis decouvrir Rio. La plage la plus celebre du monde, Copacabana nous enchante. Elle est digne des images de reve que nous avons en tete ; a tous les points de vue... Du haut du Corcovado, nous sommes bouche bee devant les montagnes vertes et fleuries eparpillees dans la cite merveilleuse. A plus de 700 metres d'altitude, au pied du Christ redempteur, la cite s'illumine. De cette hauteur, avec ses eclairages, sa vegetation en plein centre, son jardin botanique, les iles et ilots dans la baie, Rio est certainement la plus belle ville du monde. Tout en m'impregnant de tous ses charmes, une reflexion banale me vient alors a l'esprit :"Qu‚il va etre difficile de laisser le Bresil..." Ce sera pour mieux nous retrouver, n'est-il pas ? Je vous embrasse toutes et tous tres fort A tout de suite Matos

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