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France --> De retour... (Marco)

Bourges, le mardi 6 juillet 2004.

Il est 7h00.
Tout est calme.
Par la fenêtre ouverte le soleil inonde petit à petit ma chambre, chez mes parents.
De la cuisine me parvient les douces odeurs sucrées des gâteaux de ma mère pour son salon de thé.
Dans son lit, mon frère dort encore. Il a deux ans de plus et vient de réussir son bac.
J'embrasse du regard les livres de ma chambre ainsi que tous ces objets qui m'ont vu grandir.
Tout m'est familier, je suis chez moi.
En m’installant à mon bureau pour cette ultime réactualisation je prends conscience que ça y est, la boucle est bouclée... je suis de retour !

Vendredi 4 juin 2004 dernier bivouac à 50 kilomètres de Bourges. Nous avons trouvé un magnifique coin pour dormir ce soir. Il est situé à la lisière d'une forêt et devant nous s'étend une mer de colza. Nous plantons la tente en silence, presque comme un cérémonial. Là me reviennent en mémoire les terribles fois où cet exercice ne nous apparaissait pas aussi simple : l'Iran et ses nuits glaciales par moins 10°C dans l'habitacle, l'étouffante chaleur indienne, la moiteur de la jungle malaisienne, les tempêtes en Australie, les pluies torrentielles en Bolivie, le sable des déserts chiliens... et les moustiques ! Ces diables moustiques qui passaient même à travers notre moustiquaire fatiguée. Pour le moment notre réchaud cuit notre dîner et nous profitons une dernière fois de tous les petits bonheurs simples de ces campements de fortune. Notre connivence est telle avec Mathieu, nous nous connaissons si bien, que par moment toutes paroles nous apparaissent superflues. Nous pensons très souvent aux mêmes choses au même moment, et tout se fait naturellement. L explication viendrait peut-être d’une chaman qui avait lu dans les feuilles de coca au Pérou que nous avions été frère dans une vie antérieure proche. L'idée me plait ! Tout en filmant pour la dernière fois cette soirée, nous jetons un regard serein sur l'ampleur de la tâche accomplie. Nous savons que tout cela n’aurait pas été possible sans la gentillesse, la générosite et l’incroyable hospitalité de tous ces peuples rencontrés. C’est bel et bien à eux que nous devons la pleine réussite de ce voyage. Il y avait toujours une personne pour nous tendre la main dans les situations les plus difficiles, toujours un repas ou un lit aux quatre coins du monde, toujours un sourire d'encouragement. Toujours l’espoir... Samedi 5 juin 2004 l'arrivée. A l'image du jour de notre départ 21 mois plus tôt, j'ai le vertige. En suivant la voiture de police qui règle la circulation, je prends conscience une dernière fois de l’instant présent en écoutant mon rythme cardiaque. Ce moteur envoyant mon sang dans mes jambes, mes bras, mes mains et je ressers une dernière fois mon étreinte sur le vélo... que j'ai envie de hurler ! Dans cent mètres je retrouverai tout le monde, ma famille, mes amis que j'ai eus ô! Combien de fois en tête lors de cette aventure ! Que j'ai eu peur parfois de ne jamais les revoir ! Dernier feu rourge. 5 secondes à regarder Mathieu dans les yeux 5 secondes où, sans parole passent 21 mois d'émotion. 5 secondes merveilleuses, inoubliables. Nous arrivons au dernier virage, tout défile au ralenti. La vision tant attendue est enfin devant nous. Il ne s'agit plus d'un rêve, cette fois tout est bien réel. Je me laisse envahir par l'émotion et que c’est bon ! Les applaudissements me paraissent lointains. Je cherche parmi le monde présent les visages de ma famille et le temps semble s'arrêter. Ma petite nièce Emma est dans mes bras. Je la couvre de baisers puis vinrent mes sœurs, mon frère, ma mère et enfin mon père. Tout s’éteint... je suis si heureux ! Mardi 6 juillet 2004 Sur mon bureau j'écris ces quelques lignes. Un mois, c’est le temps nécessaire qu’il nous a fallu pour avoir la force de conclure cette ultime réactualisation. Nous avons tant de choses à raconter, à partager, mais comment trouver les mots justes pour décrire cette aventure où nous y avons vécu plusieurs vies? Je me contenterai alors simplement d’exprimer pour l’instant mon immense gratitude. Tout d’abord a Mathieu, mon frère d’une autre vie. A Karine A ma famille et amis. A vous tous ceux qui ont cru en nous, nous ont encouragés et suivis. A tous ces anonymes qui nous ont tendu la main, et surtout à tous les enfants... ce voyage est pour eux. Mon regard se pose sur la petite phrase offerte par une amie lors de mon retour du Ladakh en 1998. "Oser, c’est encore le meilleur moyen de réussir" Tout est dit !!! Le moral est bon et la forme excellente. Je vous embrasse toutes et tous et vous remercie du fond du coeur. CARPE DIEM !!! 09h07 à Bourges 12h07 à Esfahan (Iran) 13h07 à Hyderabad (Inde) 16h07 à Ubud (Indonésie) 17h07 à Nimbin (Australie) 00h07 à Huaraz (Pérou) le 9 juillet 01h07 à Barra grande (Brésil)...

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