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France --> Quelles retrouvailles ! (Mathieu)

Ca y est ! Déjà. Nous l'avions imaginé quelques fois, sans vraiment croire qu'il arriverait. Du moins, nous pensions que nous avions le temps. Et bien aujourd'hui, ça y est. Nous sommes dans notre dernier bivouac, la veille de notre retour à Bourges, tout près de Baranthaume.

A l'image des précédents nous contemplons le champ de colza, humons les senteurs forestières et profitons de chaque lueur, de chaque bruit. Toutefois ce soir est très spécial, comme vous vous en doutez. Depuis 21 mois, nous vivons tous les deux, dormons dans cette tente au milieu des champs, des bois, des deserts, des plages, des montagnes... 21 mois d'un voyage incroyable durant lequel nous nous sommes imprégnés de la culture de chaque pays. Des pays que nous avons traversés lentement, à la force de nos mollets et de notre volonté. Ca c'est sûr, nous avons roulé à vitesse humaine, mais aujourd'hui, les 20 130 kilomètres pédalés chargés d'émotion, de rencontres et aussi de galères sont passées incroyablement vite. Il n'y a aucun regret simplement un constat. Tout passe si vite, nous le savions, que nous devions et que nous avons profité à 1 000 % de chaque instant de ce voyage, jusqu'au dernier moment. Et ce soir chacun notre tour, nous nous remémorons 4 bivouacs qui nous ont marqués par pays. Et bien il y en a quelques-uns uns et ce n'est pas évident de choisir. Cela nous permet de nous détendre avant de passer cette nuit ultime. Un coq chante au loin. C'est l'heure. Nous nous levons, conscients de l'importance de ce 5 juin 2004. Avec Marc, de simples regards suffisent. Nous nous sourions tout en installant notre campement pour le petit déjeuner, chacun perdu dans ses pensées. Qui allons-nous voir à Saint-Denis-de-Palin ? Qui va nous accompagner ? Comment vais-je retrouver ma famille, mes amis ? Quelles seront les premières paroles échangées ? Les larmes vont-elles couler à flots ? Depuis quasiment deux ans, toutes les questions que je me posais lors des longues séances de pédalage s'entrechoquent et se suivent ce matin, presque en même temps. Et puis notre dernier p'tit déj' se termine. Au fur et à mesure nous nous rendons compte que c'est la dernière fois (de ce voyage) que nous rangeons la cagette à bouffe (dite CB) et le réchaud. C'est aussi la dernière fois que nous plions la tente et surtout la dernière fois que nous préparons les vélos. Là, faut souffler... Voilà nous sommes prêts. Nous regardons notre dernier point de bivouac (dit PB) puis nous nous dirigeons vers la route qui nous amènera vers les premières retrouvailles. Tandis que nous nous rapprochons la pression monte. Le dernier virage et parmi la dizaine d'amis présents Oh Non, je n'ose y croire, mes parents ! PFFOU, quelle surprise ! Moi qui pensais les retrouver à la cathédrale, et bien ils sont là. La gorge se serre, les larmes montent mais ne sortent pas. Nous nous enlaçons, nous nous serrons fort et nous nous regardons. Ils n'ont pas changé. Ils sont merveilleux ! Comme nous sommes légèrement en retard, nous reprenons, trop vite, la dernière ligne droite en compagnie de nos amis venus pédaler. La pression est redescendue, pour un temps et c'est l'impatience qui me gagne à présent. Encore 15 km, la cathédrale, puis 10 et 5km. Nous arrivons rue Jean-Baffier où nous notons quelques changements. Nous approchons de la rue Moyenne. Une fois de plus nous nous regardons avec Marc. Inutile de parler pour savoir que cette pression revient, puis nous tournons à droite, vers le parvis de la cathédrale. Et là, parmi la foule je peux entendre "ils sont là" et quelques applaudissements et d'un seul coup, plus rien. Un silence complet, total, surréaliste. En plus, un brouillard s'installe devant mes yeux qui cherche un endroit pour pénétrer dans la foule. Toujours ce silence et, le vélo maintenant posé, je me jette vers un visage connu. Embrassades, poignées de mains, David qui me soulève aussi haut que son mètre 90 le peut, les parents de Marc, sa famille, la mienne, tous les amis. Heureusement, les discussions reprennent et les retrouvailles continuent tandis qu'au même moment Caroline, en robe de mariée et Jean sorte de la mairie. C'est énorme. Félicitations. La foule commence à se disperser. Il est aussi un moment que Marc et moi redoutions : celui où chacun retournerait chez soi et où nous nous séparerions. Nous nous écartons pour nous y préparer, car c'est maintenant. Nous allons nous revoir dans 4 ou 5 heures, mais depuis le 8 septembre 2002 où nous sommes partis sous la pluie et sous un fumigène magnifique (merci les gars) jusqu'à aujourd'hui, nous sommes restés côte à côte. La gorge se noue une nouvelle fois et puis pour la première fois Evinerude et Babaorum (nos vélos) se séparent les yeux dans les yeux, humides. Rassurez-vous, depuis, ils se sont revus même si le retour à une vie plus citadine et le changement d'atmosphère et de rythme n'est pas chose aisée, ils prennent soin de bien s'adapter. Pour terminer, je voudrais remercier toutes les personnes qui nous ont aidés avant et durant ce voyage, celles qui nous ont accueillis et celles rencontrées qui nous ont fait découvrir leur pays, Celles, présentes à Saint-Denis-de-Palin et à la cathédrale La présence de mes amis durant ce voyage Les parents et la famille de Marc Mes parents, mon grand-père et Annick pour avoir surmonté leurs angoisses ET puis, bien évidemment Marc sans qui j'aurai été bien incapable d'entreprendre et de réaliser une telle entreprise, un tel voyage. Merci, merci, mille fois merci.

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