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Iran, Eternel Iran ! – Marc

«Pays des Mille et Une Nuits, mais aussi, parfois, pays de la misère. Pays de laboureurs résignés, et pays de nomades fiers et béliqueux, ivres d'air pur et de liberté. Pays de contrastes, peu accessible encore, difficile à connaître et, peut-être pour cela même, d'autant plus attirant... Iran, Eternel Iran !»

Marc : L'Iran : ses mosquées, ses sites antiques, la gentillesse de son peuple… et le régime intégriste des Mollahs. Rarement le cliché "terre de contraste" aura été aussi approprié. Dans ce pays soumis au joug d'une morale rétrograde, l'accueil est extraordinaire. Ainsi, à la question est-ce cautionner le régime intégriste de voyager en Iran, ma réponse est : « Allons-y sans être dupe et gardons les yeux bien ouverts !!! » Nous avons fait le choix d'aller à la rencontre des enfants et d'être en contact direct avec les populations ; j'espère voyager plus intelligemment. Le 27 novembre, en compagnie du mont Ararat, et dans un froid mordant nous avons franchi la frontière iranienne. Nous plantons la tente pour notre première nuit dans un désert aride et gelé à 75 km de Maku, petit village accroché à flanc de montagne. Sensations étranges que d'être dans ce pays mystérieux et encore si secret. Les paysages sont magnifiques, lunaires et les vents nous rabattent les nuages de poussières continuellement balayés dans cet océan ocre et rocailleux. Si les routes sont en meilleur état ici qu'en Turquie, le changement d'alphabet nous pose par contre quelques soucis d'adaptation. Effectivement la lecture des panneaux de signalisations s'avère dans un premier temps assez compliqué. L'apprentissage du Farsi, la langue des Perses, est relativement long et douloureux, mais possède une calligraphie très esthétique. Nous décidons de passer par Tabriz puis de rejoindre la mer Caspienne afin de profiter de températures plus clémentes. Même si nous bivouaquons dans des décors somptueux, le froid rend nos nuits difficiles et dangereuses. Il nous est arrivé de nous lever au petit matin par -10°C, le corps gelé et la condensation transformée en glace à l'intérieur de la tente. Autant vous dire que les réveils sont difficiles. Donc tout en suivant la route de la soie nous traversons Marand, Tabriz et ses 3 km de bazar, Ahar et Ardabil pour arriver à Actera dans la région d'Azerbaïdjanais Shako à un jet de pierre de l'Azerbaïdjan. L'accueil des populations est chaleureux et hospitalier mais se loger dans les villages de plus grandes importances pose toujours problèmes. Si bien qu'un soir, exténués en arrivant à Nir, nous avons demandé aux policiers iraniens de nous héberger. Grave erreur !!! Si nous avons franchis la frontière sans être fouillés ni inquiétés en revanche le chef de la police passa plus de 2 heures à éplucher le contenu de nos sacoches, à nous questionner, à nous faire signer des documents incompréhensibles en Farsi, prises d'empreintes digitales en supplément gratuit. Tout ça pour se débarrasser de nous en pleine nuit et ce fut le Croissant Rouge qui nous accueilli une fois de plus ce soir là. Petite note mentale : éviter dorénavant toutes les polices iraniennes qu'elles soient religieuses ou militaires, c'est plus prudent. Le lendemain, reposés et gorgés de thé nous entamons la descente spectaculaire vers la Caspienne. A 75 km/h et, hurlant mon bonheur, nous doublons les camions et Paykans, nous engouffrant dans une série de tunnels pour émerger au-dessus des nuages dans un paysage à couper le souffle. La température redevient positive et nous devons rouler maintenant avec une pluie qui ne nous quittera plus. Nous nous arrêtons de temps en temps dans des maisons de thé pour nous réchauffer et essayer de sécher nos affaires détrempées. Les hommes nous bombardent de questions et ne comprennent pas pourquoi deux Occidentaux voyagent à vélo alors qu’il est si simple et si rapide de prendre sa voiture. Nous gardons des jours durant la tête dans le guidon espérant une petite accalmie qui ne viendra pas. Les enfants (enfin les petits garçons) nous suivent toujours avec leur « bicyclette » quand nous traversons leur village nous jetant de grands regards interrogatifs puis riant aux éclats. Nous faisons une pause à Rasht près de la lagune de Bandar-e-Anzali dans la forêt de Gillan avant de fondre. Cette fois c’est à pieds que nous nous mêlons à la foule de cette ville pour constater à nouveau cette ségrégation moyenâgeuse entre hommes et femmes qui va jusqu’à créer des files d’attente séparées dans les magasins. Au fure et à mesure de nos rencontres, nous essayons de comprendre les us et coutumes ainsi que les mœurs des Iraniens. Un fossé immense nous sépare de ce peuple sous contrôle composé à 60% de jeunes de moins de 25 ans, une vraie bombe à retardement !!! Pour l’heure nous avons rejoint Téhéran et son trafic hallucinant. Les voitures ne s’arrêtent plus, roulent à contre sens, prennent les sens interdits, les motos se frayent un chemin sur les trottoirs bondés à grand renfort de klaxons et chaque carrefour ressemble à un champs de foire. C’est l’anarchie totale. Dans ce pays une voiture sur quinze à au moins un accident dans l’année. Nous devons oublier le code de la route en espérant que nos anges gardiens sont avec nous. L’excellente cuisine de la tante de Mathieu nous remplume en deux temps trois mouvements et nous décidons, à cause de nos visas trop maigres, de partir pour Esfahan et Chiraz en bus. Certes, ces villes n’étaient pas sur notre route car elles sont bien plus au sud du pays mais je pense que ce serait une faute de ne pas aller contempler ces merveilles. D’ailleurs nous réactualiserons le site une fois que les enfants auront dessiné, enfin si nous obtenons les nombreuses autorisations, et lorsque nous serons revenus de ces villes magiques.

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