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Iran, Eternel Iran ! – Mathieu

«Pays des Mille et Une Nuits, mais aussi, parfois, pays de la misère. Pays de laboureurs résignés, et pays de nomades fiers et béliqueux, ivres d'air pur et de liberté. Pays de contrastes, peu accessible encore, difficile à connaître et, peut-être pour cela même, d'autant plus attirant... Iran, Eternel Iran !»

Mathieu : Pour ma part, je vous décrirai notre première quinzaine en Iran a travers trois historiettes... Premières rencontres et taxi collectif 4 jours après être entrés en Iran et avoir passé 3 nuits dans la tente, nous arrivons à Marrand, ville de moyenne importance au nord de l'Iran. Nous décidons d'y passer la nuit et trouvons un hôtel minuscule. Tout en nous installant, nous entendons quelqu'un monter les escaliers à toute vitesse et frapper à notre porte entrouverte. Nous passons la tête et, devant nous, un jeune homme tout sourire nous adresse la parole (en anglais) : "Bonjour, on m'a dit que des étrangers étaient arrivés en ville, puis-je discuter avec vous ?". Nous sommes surpris par cette démarche inhabituelle en Occident, mais acceptons bien volontiers et descendons avec lui. Nous discutons donc, puis il nous propose une visite de la ville. Après un moment arrive l'heure d'Iftar (le dîner durant le Ramadan). Sans hésiter, le jeune homme nous invite chez lui avec un de ses amis. Invitation que nous avons acceptée après avoir seulement hésité, nous ne connaissions pas très bien le ta’arof. Le ta’arof est une coutume qui veut que la personne qui se voit proposer quelque chose refuse 3 fois avant d'accepter. A ce moment il appelle un taxi, mais en fait, c'est un particulier qui s'arrête avec déjà un passager a bord. Nous sommes 4, il n'y a pas assez de place ! Que Nenni ! Il nous fait monter derrière et son ami devant, quasiment sur les genoux du passager. Etonnés nous le regardons : "En Iran, c'est comme ça qu'on utilise les taxis !", dit-il avec un grand sourire. Arrivés chez ses parents, nous dînons, assis par terre. Sa mère, que nous n'apercevrons à aucun moment, nous a préparé des mets délicieux tels qu'une soupe à la menthe ou une omelette aux épinards... Après cet agréable moment, nous retournons à l'hôtel ou une autre surprise nous attend.

Vous avez dit bizarre ? «Mister ? Mister ?» Il est 22h30, avec Marc nous nous regardons et ouvrons la porte. Un homme vêtu d'un jean et d'un blouson de cuir se présente devant nous, décline son identité et nous lance directement avec un sourire en coin (en anglais) : "Ne vous inquiétez pas..." Nous ne le sommes aucunement, toutefois c'est curieux qu'un employé du tourisme vienne à cette heure-là et se présente de telle manière... Alors il rentre, comme ça, dans la chambre ; s'assied, comme ça, sur le lit de Marc ; allume une cigarette et nous demande 5 minutes. Il souhaite remplir le formulaire de l'hôtel, que nous avons déjà rempli, mais en Farsi. Il a plutôt l'air sympa, nous nous méfions malgré tout. Il discute, fume, discute, pose des questions sur notre séjour dans son pays, remplit le formulaire. Mais ça devient long, les 5 minutes sont écoulées depuis belle lurette et nous pensons à nos vélos, bien attachés, mais restés en bas. Et voici que son discours glisse lentement vers une sorte de troc. D'ailleurs, il aime bien les chaussures de Marc. L'histoire dure bien 1/4 d'heure et pour abréger je lui cède une paire de chaussettes. Puis, peut-être deux minutes après, voici notre bonhomme qui se lève et descend. Nous le suivons en bas. Les vélos sont toujours présents, mais nous ne saurons jamais qui était cette personne peu commune et bien curieuse...

Quel accueil ! La nuit arrive et après la belle escalade du col entre Ardabil et Astara, nous cherchons un abri pour la nuit. Et oui, il fait vraiment trop froid dehors et planter la tente dans la neige ne réchauffe pas vraiment. Quelle aubaine, devant nous un relais routier ! Nous ouvrons la porte, puis pénétrons dans cette immense pièce sommairement meublée. Bien sûr, tout le monde s'arrête de parler pour mieux nous regarder. Nous commandons un thé, puis expliquons notre voyage et notre situation par notre faible vocabulaire Farsi accompagné de quelques gestes. D'un coup, un homme massif et moustachu vêtu d'une casquette et jouant avec son chapelet se lève. Il se dirige vers nous, nous adresse la parole, nous prend par le bras. Sympa, mais dynamique. Il nous amène "chez lui". En fait, il s'agit d'une sorte de foyer dans lequel une dizaine d'hommes cohabitent, certainement loin de leur famille. Tous nous accueillent avec de grands sourires et beaucoup de curiosité. S'en suit une véritable effervescence. Les uns préparent le repas, les autres dressent la table, les derniers regardent le foot à la télévision. Tous ont des métiers différents, certains parlent un peu anglais, alors nous expliquons notre voyage, notre départ, photo à l'appui. Autour de moult thés, nous prenons des photo, les filmons et même blaguons ensemble. C'est une soirée qui s'est terminée tard après une séance de dédicaces. Malgré tout, ces moments fabuleux doivent avoir une fin et le lendemain matin nous enfourchons nos vélos et tirons notre révérence, non sans une pointe d'amertume et de morosité. Aujourd'hui, nous sommes au chaud, chez ma tante à Téhéran. Demain, nous reprenons la route, en bus cette fois, pour un brin de tourisme à Esfahan et, si le temps le permet, à Shiraz. A la semaine prochaine... Nous souhaitons d’ores et déjà à celles et ceux qui seraient en vacances lors de notre prochaine réactualisation, d’excellente de fête de fin d’année. A très bientôt. Le moral est bon, la forme excellente, nous gardons le cap.

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