> Toute les étapes <
Inde - Mathieu

Avant tout, nous tenons a vous souhaiter une merveilleuse annee 2003, emplie de bonheurs, de joies, de voyages et de rencontres magnifiques.
Profitez de tout, pleinement, simplement.
27 decembre 2002, 6 heures du mat', aeroport de Teheran, destination Bombay...

Nos bicyclettes ont ete enregistrees sans probleme et sont parties dans les soutes, quand nous rencontrons "les Barnabus". Carine et Bernard*, deux autres cyclos francais qui relient Belley (pres de Chambery) a Pekin (pres de Tien-Tsin) prennent le meme vol que nous pour Bombay. Tous les quatre, nous partagerons donc Bombay, Goa, Hampi, Hyderabad ainsi que les routes etranges et les pistes approximatives de l'Inde un mois durant... * visitez le site des Barnabus sur http://www.belley-pekin.org Apres cette halte dans un hotel et une bonne nuit malheureusement ecourtee par les rales, les raclements de gorge et les coups de sonnette du boy, nous nous remettons en route, pour le coup, de bon matin. Quelques minutes apres le depart, stupefaits, admiratifs, curieux, nous sommes obliges de nous arreter devant un spectacle inhabituel : le tri et le sechage des piments rouges. Devant nous, une quinzaine de femmes vetues d'un sari et assises en tailleur selectionnent, decortiquent et classent les piments deverses par deux ou trois hommes. Ces derniers vont les chercher et remplissent des paniers en osier a quelques metres de la. Nous les remercions et reprenons notre chemin. La route, bien agrementee de nids de poule et autres crateres, utilisee par des chauffeurs de bus sans suspension dechaines sur le klaxon, l'accelerateur et le frein, est parsemee de rencontres quotidiennes qui m'etonnent toujours. A ce moment-la, mes yeux si petits au reveil et encore remplis de sommeil, s'equarquillent d'un seul coup et je me dis :"ca va encore etre une belle journee, incroyable". Devant nous des chars a boeufs, similaires a ceux du debut du siecle dernier, charges d'immenses fetus de paille (imaginez une masse de 4 metres cube). Ils sont donc tires par des boeufs blancs en general, maigres et osseleux avec une bosse au niveau du cou , dont les longues cornes relevees et etirees vers l'arriere sont regulierement colorees de rouge ou de bleu et tres joliment decorees. Des tracteurs nous doublent tres lentement, nous croisent arborant des bandelettes de couleurs et animes de chansons indiennes que diffusent leur radio. Decidemment, les Indiens savent rendre le quotidien extraordinaire... De plus en plus, nous devons etre dans une region propice, des dizaines de personnes, surtout femmes et enfants, s'activent a recolter les piments dans d'immenses champs bien structures. En nous voyant defiler, les 4 cyclos a la queueleuleu, ils ne manquent pas de nous siffler ou de nous heler. Comme ca, juste pour avoir un signe de main de notre part en retour. D'ailleurs en y repensant, c'est etrange, et apres notre passage que leur avons-nous laisse ? Probablement rien qu'une minute de pause dans leur dure journee de labeur. Quant a moi, j'y repense tous les soirs. Un sourire, un bras leve pour les saluer, c'est tellement peu. Pour nous, apercevoir leur quotidien est une decouverte, un spectacle ; ce sont des images qui resteront pour certaines en photo, pour d'autres imprimees, mais toutes gravees dans ma memoire. Je souhaiterais tellement qu'en voyant passer ces 4 velos, au moins un enfant se dise : "Wahou, ca a l'air sympa, pourquoi pas moi ? pourquoi je ne ferai pas autre chose que de ramasser des piments pour 5 roupies de la journee ?" Mais, ont-ils les memes envies de changement que nous ? Alors, toujours perche sur mon velo, je plonge dans mes pensees et en suis tire par un bruit ou une image qui me surprend. Cela peut etre un singe tenant dans ses bras son petit (emouvant) ; Cela peut etre une femme en sari qui, au bord de la route, essorre le linge en le fouettant sur une dalle de ciment prevu a cet effet (elegant et surprenant) ; Cela peut etre l'entree d'une route coiffee d'un panneau qui me fait penser a celle du ranch de Dallas (amusant et... impitoyable) ; Cela peut etre une cour de recreation animee par les ecoliers en uniforme qui se jettent vers la route pour nous saluer et nous demander notre nom et nous poser la question fatale : "What are you ?" ; Cela peut etre tout simplement un palmier plus haut que les autres, a moins que ce ne soit un cocotier, sans les noix de coco je n'arrive pas encore a faire la difference, ou bien la beaute de ces arbres dont les racines se pendent au bout de leurs branches. Et apres, juste apres etre tire de mes reveries, je me dis "et oui Mat, tu es sur ton velo, en Inde. Devant, il y a ton meilleur ami, il y a Carine, il y a Bernard. Vous sillonnez les routes indiennes. C'est fabuleux". Et puis, apres m'e l'etre dit et repete plusieurs fois par jour comme pour m'en convaincre, il est l'heure de s'arreter, de trouver des bananes (tres important pour les sportifs, les bananes), trouver un point d'eau pour remplir les vaches a eau et un endroit pour planter la tente. Ce soir nous sommes revenus dans un champs, notre lieu de residence de predilection. C'est magnifique le camping sauvage, surtout lorsque la lune est pleine et nous eclaire a merveille laissant transparaitre des ombres nuancees et legerement inquietantes. En plus, ce soir Bernard nous mitonne un poulet avec une sauce aux oignons garni de riz et de bananes. Son met sera exquis et non epice. Ca fait du bien. Entre-nous, pensez-vous que nous soyons loin du bonheur ?

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