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Thailande--> Marc - Thailande, pays des fous rire

6 mois <-----> 7750km pédales

7 pneus usés jusqu'à la corde
13 crevaisons
8 chambres à air
2 bastons
7 pays traversés
193 jours de voyage
2408 photos numériques
950 photos argentiques
10 heures de film

et surtout 4 340 000 coups de pédales chacun...

Voici le premier tiers de notre voyage accompli... comme dans un rêve. Nous sommes arrivés à Bangkok le soir du 15 fevrier. Bienvenues dans le royaume du sourire. Nous restons une semaine dans cette capitale surchauffée. Le temps de nous familliariser avec les moeurs et la culture thailandaise. C'est le temps necessaire également pour réviser nos velos et trouver nos fameux pneus de 700x28, inexistants en Inde. Nous en profitons donc pour découvrir les fameux marchés toujours très animés de jour comme de nuit. Rien de tel qu'un bon cocktail de jus de serpent a 2 heures du matin... Chinatown regorge de restaurants de rues, de temples illumines, de magasins de bijoux, d'alimentation en gros et au detail et bien entendu d'inombrables bar karaoké. Pour notre part, nous avons choisi de loger dans le quartier de Banglamphu et plus précisement dans Kao Shan road, le rendez-vous des routards au petit budget. La ville ne s'éteint jamais, elle est toujours grouillante d'activité, d'animation et d'efervescence ; de toute facon il fait trop chaud pour dormir... Nous assistons aux matches de Muay Thai (karaté ultra violent ou seul les coups de têtes sont interdits) dans une assemblée de parieurs déchainés. Les liasses de billets passent de mains en mains, au fure et à mesure des blessures et des k.o. des combattants, le tout dans une ambiance survoltée et un bruit assourdissant. Ames sensibles s'abstenir. Parallelement la ville offre des temples somptueux comme celui de Wat Pho, véritable havre de paix ou nous y avons découvert les fameux et excellents massages thailandais. Mention tres speciale au massage des pieds ; à vous faire fondre comme un lukum iranien au soleil. ;0) Remis sur pieds, le moral au beau fixe et les vélos refait "presqu'a neuf" nous prenons la direction du sud, vers la province de Samut Sakhon. Tout de suite nous réalisons que pédaler par ces temperatures caniculaires (il fait 35 degrés a l'ombre) va nous être très pénible. Donc, tous les matins, nous nous réveillons à 5h30, avant le lever du soleil pour profiter d'une relative douceur. Tous les jours, au spectacle fabuleux d'un lever de soleil sur le Golfe de Siam s'ajoute un coucher a l'ouest sur la jungle tropicale ; énorme recompense d'une journée de joies et de souffrances... Nous traversons les provinces de Samut Songkhram, Phetchaburi et Prachuap Khiri Khan dans une végétation luxuriante. Le moindre gateau reste plus de 5 minutes par terre attire inexorablement d'enormes fourmis rouges (je ne pensais pas qu'elles pouvaient etre aussi grosses, et en plus elles piquent ces saletés) et autres insectes indésirables. Nos sacoches sont prises d'assaut par de gros cafards qui s'immiscent sans gène à l'interieur et je ne parle pas des mille pattes jaunes qui portent très bien leur nom ! Un matin Mat à eut la désagreable surprise de découvrir une très belle araignée dans sa sacoche de guidon pourtant fermée. Cela décala notre depart d'une demi heure, le temps de vérifier nos bagages et laisser à notre alien celui de trouver la porte de sortie. Une fois arrivés dans la ville de Chumphon, nous nous sommes entassés comme de véritables boat people sur un petit bateau pour rejoindre l'ile paradisiaque de Ko Tao. Nous avons joué les Robinson quelques jours dans un endroit magique avec la sensation exquise d'etre perdu au bout du monde. Le temps pour nous de faire quelques plongées parmi les coraux et les poissons multicolores dans une eau transparente à 28 degres, je vous laisse deviner... Surat Thani dans la province du même nom sera notre port de retour. C'est reparti pour nos 80 km quotidiens sous le soleil. Les Thailandais nous accueillent toujours avec le sourire et font preuve à notre égard d'une gentillesse remarquable. Généralement, nous nous arrêtons vers 11h pour déjeuner dans les petites gargottes de rues, et sommes parfois si epuisés que nous nous endormons là , la tête à même la table. Il n'est pas rare que les proprietaires nous proposent un hamac ou bien un oreiller, que nous acceptons avec gratitude. Chaque jour nous rencontrons des villageois, des pêcheurs ou des paysans nous félicitant et nous encourageant à leur manière, nous offrant un thé, des bonbons, des petits cadeaux et même des photos de leur famille. La majorité des Thailandais est très honnête et ce n'est pas des heures de marchandage à chaque achat comme auparavant dans les autres pays. Cela rend la traversée du royaume particulièrement agréable. Tout en continuant en direction du sud, nous traversons la province de Nakhon Si Thammarat. Ha oui, je m'en souviendrai longtemps de cette région. Le même jour j'ai crevé 2 fois, éclate 2 chambres a air et explosé un pneu, le tout sur 20 km et entre 2 averses de mousson !!! Qui dit mieux ???? Sinon longer le Golfe de Siam apporte son lot de consolation, je vous rassure... Ne serait-ce que les paysages epoustouflants avec la jungle luxuriante aux nuances de verts innombrables, ses montagnes aux falaises escarpées propices à l'escalade ou bien encore les plages peu fréquentées bordées de cocotiers proches des villages d'influences musulmanes. D'ailleurs plus nous nous approchons de la Malaisie plus les femmes sont voilées et les hommes barbus (enfin essayent d'etre barbus vu que les thailandais sont encore plus imberbe que moi, c'est pas peu dire). Les minarets refont leur apparition et à nouveau nous nous couchons avec l'appel du Muezzim. Un matin nous croisons une belle ecole et décidons de faire dessiner les enfants. Comme à l'accoutumé, l'accueil est très chaleureux et après une bonne tasse de café (histoire de nous rechauffer sans doute), nous faisons connaissance avec les Chagal en herbe. Comme il est amusant de voir toujours les mêmes grands yeux interrogatifs, puis ces sourires qui finissent souvent par des éclats de rire. Ils observent les vélos, touchent à tout et apercoivent très vite mon pistolet à eau (meilleur achat depuis bien longtemps, nous permettant mat et moi de nous défouler tout en se rafraichissant) ce qui dégénère très vite pour mon plus grand bonheur. 2 h durant, ils vont dessiner saturant leurs couleurs avec des pastels ou préférant les traditionnels crayons de couleurs voire même le noir et blanc. A 11h30 tout ce beau petit monde va déjeuner dans un immense réfectoire et nous sommes invités à nous joindre à eux. Tout en mangeant mon riz, délicieusement parfumé à la noix de coco, je regarde sur ma droite la plage servant de cour de recreation. La mer est houleuse aujourd'hui et je me fais la réflexion qu'ils sont vraiment bien heureux ici les enfants de Hua Sai ; à la bonne heure ! Sur la route, le lendemain, nous sommes surpris par un policier nous stoppant ainsi que tous les véhicules. Mais bien sur !!! Il est 8h00 et comme tous les jours à la meme heure, toute la Thailande s'arrete pendant que d'énormes hauts parleurs entonnent l'hymne nationnal, hommage au roi. Par la suite nous aurons la surprise de réitérer l'experience juste avant une séance de cinema à Songkhla. Tout le monde se lève durant deux minutes, par respect. Nous sommes très loin des sifflets pendant la Marseillaise au Stade de France. Ce soir nous dormons dans une petite cabane abandonnée en bord de mer. Nous nous lavons avec de l'eau de pluie recueillie dans une grande jatte et faisons cuire nos plats de nouilles profitant des derniers rayons de soleil pour nous éclairer et preparer nos couches à même le sol. Heureusement le vent souffle fort et nous rafraichit un petit peu et permet à nos affaires de sècher. Nous sommes tout près de la Malaisie maintenant et l'averse de mousson qui nous reveilla cette nuit-là me fit dire qu'avec le prochain pays, l'humidité et la chaleur seront encore plus difficiles à supporter. La perspective de nous engager dans un nouveau pays du sud-est asiatique musulman lors d'une guerre en Irak ne nous inquiète que très légèrement. Gardons confiance et foi en la vie et en notre aventure. Un être cher m'a confié avant le depart de France de faire de notre vie un rêve et de ce rêve une réalité... nous comptons bien Mat et moi garder le cap!!! Bons baisers d'une Thailande surchauffée... Le moral est bon et la forme excellente. A tout de suite. Marco

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