> Toute les étapes <
Malaisie --> Marco - Moite Malaisie...

La Malaisie peut s'apprehender de deux manières.

La côte ouest, un pays développé autour des comptoirs coloniaux, industrialisé et occupé par une très importante communauté chinoise. La côte est, bordée de larges plages abandonnées, des «kampungs», typiquement malais (maisons sur pilotis avec de longs pignons) pétrie de traditions, régie par un Islam plus stricte. Je n'oublie pas pour autant la jungle de cette péninsule, plus vieille forêt du monde, riche d'aborigènes nomades, les Orang Asli et d'une faune époustouflante qui nous donnera bien du fil a retordre. Nous avons donc décidé de passer par la côte est, formidable terre d'aventure sur fond de mer de Chine. Kota Barhu, dans l'état de Kelantan, est notre première étape après le passage de la frontière. L'atmosphere qui s'en degage pourrait donner des impressions de sérénite. Si, ici, j'utilise le conditionnel, c'est que depuis le debut de la guerre en Irak, nous avons constaté un sensible changement de comportement à notre égard. La Malaisie est un pays musulman et la côte est pratique un Islam plus «dur». Pour certains Malaisiens, l'amalgame «Occidentaux=Americains» est rapidement établi. Cela donne quelques regards mauvais, parfois des écarts de langage, voire même quelques sporadiques gestes déplacés. Dans chaque gargottes de rue ou chaque échoppe, on nous demande immediatement de décliner notre nationalité. Alors les esprits se détendent et nous sommes accueillis par un grand «Welcone in Malaysia !». La politique étrangère française, très bien perçue, nous à sauvé la mise plus d'une fois. Mais qu'il doit être pesant d'etre Americain et de voyager ici ainsi qu'en Indonésie. Nous restons malgrè tout, continuellement très vigilants quant au comportement de la population. Sans transition, un autre fleau, le virus SARS. C'est bien simple, nous faisons une apnée sur 900 km jusqu'a Malacca, et ce n'est pas évident ;0) La aussi nous restons vigilants, mais comptons encore sur nos anges gardiens (rudement mis à contribution depuis 7 mois) pour passer entre les gouttes. La, ma transition est toute trouvée : gouttes. Ou devrais-je dire, torrent de gouttes, tellement le climat est humide. De ma vie je n'ai jamais entendu un orage aussi violent que durant la nuit du 29 au 30 mars. Nous etions dans une petite cabane de bois au plafond en tole ondulée. Chaque éclair illuminait la piece comme en plein jour et était immediatement suivi de grondements de tonnerre assourdissants. Les murs, les vitres, le sol en tremblaient, et les trombes d'eau qui s'abattaient sur le faible toit n'étaient pas faites pour nous rassurer. Finalement l'orage passe, les grenouilles se remettent à croasser et les inombrables bruits de la jungle (que l'on aimerait bien pouvoir identifier) repartent de plus belle. La je regagne ma couche essayant de me rendormir, mais je sais que c'est peine perdue. Même si la pression diminue, il reste tout de même le vacarme des animaux dehors et à l'nterieur de l'habitacle, le réveil qui va sonner dans ¾ d'heure... et cet orage qui revient inéxorablement nous bercer. Notre route le long de la mer de Chine est ponctuée de grosses averses. Nous sommes obligés de ranger nos affaires les plus précieuses dans des sacs étanches et notre camescope-appareil photo numerique commence à montrer des signes de faiblesse. Mais le plus penible reste assurement le retour du soleil brulant rendant notre progression très difficile. Les paysages changent très vite et les les 90% d'humidité confèrent à la jungle des allures de Jurassic Park. La végétation devient plus dense, la route plus sauvage et pour cause les serpents et autres gros varans ont remplacé les chiens sur les bas côtés. Les villageois habitent des maisons sur pilotis afin d'éviter les brusques montées des eaux et aussi de se protèger de tous les insectes rempants. Le soir, les enfants et adultes sont légion à faire planer leurs fameux cerf-volants. Cette passion très populaire nous à offert, des heures durant, un fantastique balai aérien multicolore. À Kuantan, dans l'état de Pahang, nous prenons la route vers l'ouest, à l'intérieur des terres laissant derrière nous les magnifiques plages, les coraux et les tortues pour pénétrer au coeur de la forêt tropicale. Nous nous arrêtons au lac Chini, site superbe au bord du fleuve Pahang. Dans le lac vivait le «Naga», monstre de ce Loch Ness malais qu'est le Tasik Chini. La légende raconte qu'il s'agissait d'un serpent de plus d'un kilometre de long ! Sur place, nous sympathisons avec Rajan, un indien Tamoul marié à une Orang Asli. Il nous certifia avoir vu un serpent de plus de 10 mètres de long gober un de ses chiens durant un trek dans la jungle. Vu les bestiaux déjà croisés, nous n'avons aucun mal à le croire. Nous passons 3 jours ici a faire dessiner les enfants du village et à nous payer de bonnes tranches d'aventure (comme si cela nous manquait ;0)) avec Rajan. Le soir, sous notre moustiquaire, allongés sur un tapis de sol, nous nous efforcons de dormir accompagnés de tous ces insectes passant à travers les mailles. Mais par ces journees bien remplies, comme le dit souvent l'illustre A. P., "Je suis un pneu crevé". Alors malgrè tout, je finis par m'écrouler dans les bras de Morphée en pensant à ces 7 mois déjà écoulés. Il faut bien reprendre des forces car demain c'est l'Indonesie qui nous attend. La traversée de Sumatra et de Java jusqu'à la paradisiaque. Bali. Toujours les aubes douces. Toujours les aubes féroces. Le moral est bon et la forme excellente. A tout de suite. Marc

> Voir les photos...



Retour