> Toute les étapes <
Equateur --> Dur, dur, "mais c'est pas graaaaave !!!" (Marco)

L'Equateur, la Cordillere des Andes, l'Amerique du sud... nous y sommes enfin !

De la forêt vierge aux hauts (je dirai même trop hauts) plateaux desertiques, du souvenir des Incas aux marches eclatants de couleurs, des pistes boueuses a la "bonne" Panamericaine, ce pays renferme les ingredients d'une alchimie exotique ou naissent nos reves d'aventures lointaines.
Alors deployons nos ailes et nos mollets... le voyage a dejà commence.

Il nous aura bien fallu un an d'entrainement en passant par tous les climats et croyais-je toutes les difficultes pour nous attaquer a la Cordillere des Andes. Nous arrivons a Quito le 11 septembre 2003 - 2900 m. d'altitude. J'ai encore le parfum des fleurs de thiares tahitienne en moi et l'amitie de la famille Faviere dans mon coeur alors que nous nous engageons sur les pistes equatorienne. Que nous sommes heureux !!! La circulation demente et notre bon vieux vent de face ne nous feront jamais perdre le moral. Pourtant tres vite nous sommes obliges de descendre du velo afin de le pousser sur les routes caillouteuses. Nous franchissons notre premier col a 4129 m. sous la pluie, et c'est en hurlant notre joie aux intemperies que nous devalons a 70km/h la piste jusqu'a la plaine Amazonienne plus a l'est du pays. En faisant le choix de nous diriger vers la jungle nous retrouvons la chaleur et la moiteur terrible que nous avions connues en Malaisie. Sur les petites routes defoncees nous nous faisons cueillir par un orage d'une intensite que je n'avais alors jamais connue jusqu'a present. C'est la que j'ai eu ma plus grosse frayeur du voyage. Nous sommes alors en plein col a 2500 m. d'altitude et entamons la descente. Des trombes d'eau s'abattent sur la foret. A droite j'ai une montagne de vegetation, en face une piste de trois metres de large et a ma gauche le precipice. Comme nous roullions a notre rythme avant de se faire surprendre, il y a bien 1/2 heure d'ecart entre Mat et moi. L'angoisse commence a monter. Nous sommes perdus en pleine jungle et il n'existe aucun abri ou se proteger. Des rideaux de pluie empechent toute visibilite et le soleil, passe depuis longtemps a l'ouest, accentue l'obscurite, mais il faut bien continuer a descendre afin de sortir de ce nuage le plus vite possible. Ma frayeur atteint son paroxisme en voyant les eboulements de terrain balayer la piste par des torrents de boue et de pierres venant de ma droite pour se jeter dans le vide. Tout en m'activant, des senari catastrophes me passent par la tete. Non non non!!! Cela dure une bonne heure, plus d'une heure d'angoisse et de frayeur dans ce decor de fin du monde. A la premiere cabane je me refugie et attend mon Mat dans une incertitude total. Longue est l'attente dans ces moments-la, vous pouvez me croire et lorsque qu'enfin je l'appercois tout degoulinant et transi de froid nous tombons dans les bras l'un de l'autre, bien heureux de ce happy end. Depuis nous alternons les etapes jours de pluie, dejeuner sous la pluie, bivouac sous la pluie, reveil sous la pluie, dejeuner sous la pluie etc, etc, etc. Naturellement toutes nos affaire sons trempees et nous garnissons nos sacoches de couches culottes pour limiter les degats. Autant vous dire que la piste n'est plus que boue et torrents : nous n'avancons plus ! Et puis un beau matin le soleil revient avec le chant des oiseaux et le vacarme de la jungle. Notre moral est gonfle a bloc et c'est reparti... nous poussons ;0) C 'est a Baños, 5 jours de route apres, que nous recuperons physiquement dans les bassins naturels chauffes par geothermie, a l'instar du proche voclan Tunguahua (qui detruisit une bonne patie de la ville lors de sa derniere eruption en 1999) Nous reparons nos velos : moyeu brise, guidon casse, roues voilees, pneus creves et freins inexistants, la routine quoi ;0) Nous nous gavons de jus de murs et d'avocats, mangeons a notre faim, dormons dans un vrai lit et prenons d'interminables douches chaudes. Rajoutez la-dessus un coup de rasoir et un bon coup de peigne et yeeeeeeeeeeeeh c'est le bohneur ! C'est dans cet environnement douillet que nous decidons de quitter la plaine amazonienne afin de rejoindre la Cierra Centrale. En fait c'est tres simple.C'est soit chaleur, pluie, eboulements de terrain et piqures de micro moustiques qui nous demangent meme une semaine apres (nous en sommes couverts) soit suivre la Panamericaine en pleine Cordillere des Andes avec ses cols a plus de 4000 m., sa circulation infernale, ses nuages de poussiere, son vent de face et ses temperatures frisquettes. Nous votons et obtons pour la Cordillere des Andes en 2.3 secondes Chrono ;0) Alors c'est reparti. Les condors majestueux nous accompagnent dans ces paysages fantastiques. Nous roulons toute la journee et faisons environ 35km quotidien en moyenne. La Cierra Centrale nous offre des points de bivouacs extraordinaires. Nous nous lavons a l'eau des cascades, plantons la tente dans des decors feeriques, et dinons le nez dans les etoiles en ecoutant les Floyd... il ne manque rien ! En passant a proximite de volcans en activite nous pouvons entendre, la nuit, sous notre tente, les grondements de leur respiration. Regulierement une eruption survient couvrant, a des kilometres a la ronde, la region de cendre rendant tout les paysages lunaires. C'est tres impressionnant d'evoluer dans ces decors gris et mornes. Mais c'est surtout beaucoup plus dur de rouler dans la cendre et nos poumons sont en feu. Decidement rien n'est simple ;0) Non je rigole. De temps en temps c'est tres simple. Comme la fois ou nous avons pris une de ces fameuses passerelles equatorienne pour passer d'une montagne a une autre sans endurer non pas la descente mais plutot l'abominable remontee. Il s'agit d'une petite cabine accrochee a un cable qui s'elance dans le vide pendant que ses occupants hurlent tout le long du voyage ;0). Frissons garantis!!! Simple comme l'un de nos bivouacs magiques ou pour tout diner en pleine montagne il nous restait du pain frais et le delicieux foie gras offert par notre adorable amie Sylvie ( precieux cesame que nous conservons depuis l'Indonesie justement pour une occasion de la sorte.) Simple comme dejeuner dans les gargotes de rue un almuerzo : menu unique a 1,50$ comprenant - une soupe de pattes de poulet. - du riz avec un bout de viande venu tout droit de la boucherie du coin (cf photos) - un delicieux jus de murs ou de fruits tropicaux. Simple oui mais dangereux. A Alausi, la fameuse ville de la Nariz del Diablo, je me suis fais attaquer par un cochon dans une cantina. Le salaud m'a douloureusement mordu a la cheville. Au bout de 13 mois de voyage nous ne nous etonnons plus de ce genre d'incident et rigolons plutot de la cocasserie de la situation. En fait le voyage est surtout rendu simple par la gentillesse des Equatoriens, l'echange d'un simple sourire et par la fraternite de mon equipier et neanmoins superami j'ai nomme "le gros" Matos (dont le nom de son velo me fait hurler de rire, meme sous la pluie : BABAORUM !!! ;0))))) 1000 baisers d'Equateur et 1000 mercis pour vos formidables messages d'encouragements que vous nous adressez sur notre contact !. Le moral est bon et la forme excellente Nous gardons le cap! A tout de suite Marco

> Voir les photos...



Retour