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Chili --> Pur desert (Marco)

Il nous faut du soleil ! Nous avons failli fondre sous la pluie Bolivienne. Toutes nos affaires sont detrempees, alourdissant de trop lourds kilos suplementaires nos velos fatigues.

C'est chose faite. Nous sommes a Arica, dans le nord du Chili, le soleil est omnipresent, c'est le plein ete. Notre thermometre monte avec une arrogante facilite a 45/48C. Nos affaires sechent en 20 minutes, nous retrouvons avec plaisir nos lunettes de soleil. Le vent apporte un peu de fraicheur dans cette ville etouffante. Nous nous sentons mieux, beaucoup mieux et lezardons trois jours durant sur les plages Corazones. Bref nous rechargeons nos batteries. Mais le temps presse. Il nous reste 2078km pour rejoindre Santiago du Chili et constatons avec consternation que le vent est sud
ord et qu'il nous donnera du fil a retordre. Cette fois c'est sur, cela se confirme,18 mois de voyage, 18 mois de vent dans le nez : nous faisons notre tour du monde dans le mauvais sens !!! Le 2 fevrier, nous quittons Arica tot dans la matinee avec une semaine de vivre et de quoi tenir aussi longtemps en eau potable. Les policiers Chiliens nous ont explique qu'entre les grandes villes s'etendaient d'immenses deserts arides, que les hameaux indiques sur nos cartes corespondaient a des pueblos fantasmas (villages fantomes) et que par consequent il nous sera impossible de trouver des points de ravitaillement. Les policiers iront meme jusqu'a nous interdire de partir, que c'est de la folie etc... Mais cela fait un an et demi que nous entendons le meme discours dans tous les pays sans exception et savons, par experience, que les choses sont malgre tout realisables. Donc nous partons ce matin-la, la fleur au bout du guidon, et le sourire aux levres. Le vent est present au rendez-vous, mais n'est pas encore assassin a cette heure matinale. Mon walkman sur les oreilles, Bob Dylan m'entonne son "blowind in the wind". Il fait 25C, nous entamons notre partie de desert, je suis heureux. Il est 13h30 le meme jour. Le soleil nous cuit litteralement et il n'existe aucun coin d'ombre pour nous abriter. Le vent du sud se leve apportant avec lui une baisse des temperatures (bien), mais egalement la certitude de rendre notre evolution beaucoup plus dure (pas bien). Notre moyenne passe de 17 km/h a 12 km/h puis a 7 km/h vers 15h00. Des mini-tornades de sable s'elevent de part et d'autre de la route. Elles s'elevent malgre tout a une trentaine de metres et suffisent a nous faire chuter quand nous avons la malchance d'en traverser une. Le vent de face est trop fort et nous sable douloureusement le visage, les bras et les jambes. Nous faisons du surplace. Le moral baisse proportionnellement a notre reserve d'eau. Je me mets a douter. Les policiers chiliens avaient-ils raison ? Certainement. Autour de nous il n'y a rien, nous sommes au milieu de nul part dans un desert vide innonde de soleil. Je regarde mon compteur, nous avons fait 50 km aujourd'hui et avons tout donne... Santiago est encore a 2028km ! Nous decidons de bivouaquer sur place. Il faut trouver une solution pour avancer sinon nous serons obliges de faire demi-tour. Il est 4h30 du matin, le vent est tombe. La pleine lune apporte suffisament de lumiere pour preparer nos affaires. Nous buvons notre the en silence et pensons a notre journee qui s'annonce. La decision a ete prise hier soir : nous nous leverons tot afin de profiter de l'absence de vent jusqu' a 14h00. Ensuite nous chercherons un endroit pour nous abriter et passer la nuit, c'est la seule solution. Sur la route tout est calme, tout est paisible. A 7h30 le soleil se leve et nous avons deja bien avance : ca marche! 13h00, 46C le vent se leve dangeureusement. Nous passons regulierement l'un deriere l'autre afin de se proteger et se reposer en profitant de la relative aspiration. A 15h00 nous etablissons notre campement a proximite d'une cabane abandonnee d'un village fantome. 95 km dans la journee, nous avons reussi ! Le moral remonte et nous nous appretons a admirer quelques levers de soleil au Chili. De temps en temps, les policiers et les douaniers des differentes regions nous deconseillent de rentrer dans les deserts suivants. Je pense alors a tous ces moments merveilleux et un peu mysterieux avant le lever du jour que cette traversee nous apporte. J'ai l'impression (orgueilleuse) qu'un monde nous separe et que ces personnes ne pourront jamais comprendre ce qui nous anime, nous pousse en avant. Le desert du Tarmagual cede la place a celui d'Atacama puis a celui de Domeyko et c'est apres quelques levers de soleils feeriques que nous arrivons dans les contrees moins arides de la 4eme region (le Chili comprend 13 regions reparties du nord au sud.) En revenant de ma douche de notre residencia de la ville de La Serena, les proprietaires, curieux a la vue de nos velos tout ensables me demande d'ou l'on vient. "- Nous arrivons du nord du pays. D'Arica plus precisement. - Ha oui, quand meme ! Mais dites moi, savez-vous que vous avez traverse les deserts les plus arides au monde avec le Sahara et le desert de Gobi? - ?!?!?! - Vous etes fous tous les deux. C'est de la folie de faire ca a velo. Je le regarde en souriant. - Ha monsieur, si vous saviez... je reprendrais bien un peu de desert !" Tout est dit... Allez, je vous embrasse toutes et tous. Le moral est bon et la forme excellente Nous gardons le cap A tout de suite Marco.

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