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Chili --> Chili de toutes les surprises (Matos)

Je crois rever mais cette fois c'est certain, nous y sommes. Je peux meme ajouter que nous avons survole la cordillere et maintanant nous apecevons la pampa argentine. Sao Paulo approche a grandes envolees et avec elle tout le Bresil et ses contrastes. Nous ne nous cachons pas notre joie car il s'en est fallu de peu pour que nous restions bloques au Chili.

Et pourtant que de chemin parcouru au Chili et depuis La Serena... Cette ville balneaire est l'un des lieux les plus prises des vacanciers chiliens. Nous y restons deux jours seulement, le temps de prendre une bonne douche et de laisser secher nos affaires nettoyees. Tot le matin, apres avoir salue nos hotes, nous quittons La Serena en longeant l'ocean et la plage desertee, noire de monde la veille encore. La route ne cesse de monter et descendre. Il fait tres chaud et lorsque nous arrivons vers 14 heures, le soleil tape tres fort. Nous devons marquer une bonne pause a l'ombre des eucalyptus. La cordillere se jette directement dans le Pacifique et la route panamericaine est tracee au pied des montagnes ce qui explique ces "up & down". Tres vite, environ 30 km apres la Serena, la route n°5 se detache de l'ocean et nous ramene dans une partie beaucoup plus desertique. Meme si le vent change legerement et nous aide de temps a autre, la canicule est toujours presente. Toutefois nous avons cet avantage de pouvoir bivouaquer n'importe ou et surtout ou nous le souhaitons. Peu de personnes ont du planter leur tente sous ces epineux. De la meme maniere, c'est certainement la premiere fois que Eddy Mitchell se produit parmi les arbustes, les reptiles et autres gallinaces de la Quebrada Seca... La fin de la journee approche et nous allons remplir notre vache a eau dans l'illustre bourgade reputee pour son fromage merveilleux (tout de meme pas assez fort a notre gout), j'ai nomme Huentelauquen ! Sur cette petite aire, le temps de prendre de l'eau, une dizaine de personnes se sont approchees timidement, les levres emplies de questions, les yeux d'etonnement. Les uns nous proposent de l'aide pour notre arrivee a Santiago, les autres desirent une photo avant de reprendre leur route. Ce moment d'echange a ete aussi etonnant qu'epatant. Meme si la panamericaine est agreable, nous sommes heureux de changer de cap et d'aborder une route secondaire qui nous emmenera jusqu'a Vina del Mar. Nous nous dirigeons vers l'ocean et l'atmosphere est plus verdoyante, plus champetre. La route est magnifique ; plein de cyclistes l'empruntent. L'un d'eux, croise et salue un peu plus tot a ralenti son allure et roule maintenant a nos cotes. Apres quelques kilometres de discussion, nous nous arretons. Il nous invite chez lui a 40km de la, nous laisse son adresse puis poursuit son chemin. A midi, nous cherchons un coin au bord du Pacifique pour dejeuner quand nous decouvrons la plage de Zapallar ou nous degustons nos sandwiches. Cette plage est decidement trop magnifique et nous devons l'employer a sa juste valeur. Du coup, nous poussons les velos dans le sable et passerons l'apres-midi a profiter de l'eau glacee (si, si) et aussi des enormes vagues. Le lendemain nous repondons a l'invitation d'Eduardo, vous savez le cycliste. Nous arrivons a Marbella ou Eduardo et toute sa famille nous reservent un accueil incroyable et chaleureux. D'ailleurs j'en profite pour les remercier une nouvelle fois. Le soir arrive, ils doivent rentrer a Santiago et Eduardo nous accompagne jusqu'a un point de bivouac. Nous ne pensions pas qu'un jour nous le ferions, et bien aujourd'hui c'est fait : nous avons roule sur la plage ! C'est aussi ici que nous avons admire l'un de nos plus jolis couchers de soleil. Simple. Sans nuage. Bien rond. Parfait. Meme si la route cotiere est splendide et que nous pouvons entendre et regarder les vagues se fracasser sur les rochers, nous deplorons les constructions hideuses qui s'approprient le littoral au detriment des promeneurs. A vina del Mar, nous trouvons une ville trop betonnee, nous ne nous y attardons pas et confirmons nos billets d'avion a destination... do Braaaaaaaaazil !!! Le soir de notre dernier bivouac au Chili arrive avec, pour nous tenir compagnie, une vingtaine de vaches dans l'enclos, la, ruminant juste a cote. Ce soir-la Marc nous a prepare les meilleures pates/thon/creme/oignon que nous ayions degustees. Bravo au cuisto ! ;0) Et puis nous quittons les vaches et notre champ pour une petite journee d'une cinquantaine de kilometres, un dernier tunnel a passer puis une pente douce jusqu'a Santiago. Nous hesitons a y entrer car les autres vehicules y penetrent a tres grande vitesse et il n'y a pas de bas-cotes. Mais c'est le seul moyen de continuer... Apres 15 metres dans le tunnel, une voix retentit, le bruit nous empeche d'entendre, mais nous comprenons que nous devons rebrousser chemin et demander l'assistance d'une depanneuse qui nous emmenera de l'autre cote. "Le bout du tunnel n'est peut-etre pas si loin..." Arrives A Santiago du Chili, il nous faut rechercher des cartons pour emballer les velos et des sacs pour les sacoches. Apparemment aisee, cette tache s'avere des plus difficiles et des plus longues. Personne ne sait ou trouver des sacs et les "bicicleteria" n'ont pas de carton ou trop petits. Toutefois, apres 3 jours d'une fouille acharnee, nous trouverons le tout pas bien loin du "residential" ou nous logeons ! Dimanche 29 fevrier, un grand jour arrive. Apres 6 mois de pedalage intensif, apres 6 mois d'evolution sur la cordillere nous allons quitter l'ouest de l'Amerique du Sud pour la cote atlantique. Notre avion decolle dans 4 heures et nous sommes deja devant le guichet (l'enregistrement est toujours tres long avec notre charge). Nous negocions le surpoids pendant un bon moment et expliquons que nous pouvons etre plus charges car nous avons un billet tour du monde. A ce moment l'employe commence a faire un peu zele et voit la date d'emission “aout 2002”. Il se leve et nous demande de patienter... Il revient avec son superviseur qui nous explique que le billet a ete emis trop longtemps auparavant (les billets d'avion ne sont valables qu'un an). “Oui, mais c'est normal et nous avons confirme nos places dans le vol avec trois de vos agences a Cusco, La Paz et Vina del Mar !” C'est souvent comme ca, c'est une formalite, tout va rentrer dans l'ordre et dans 3 heures nous tutoierons les nuages... Toutefois, le superviseur s'eclipse et revient avec le directeur de la compagnie. Tout commence a se compliquer lorsque, mielleux, bien habille, professionnel quoi, il nous annonce que notre billet n'est plus valide. “Deux choix s'offrent a vous” nous dit-il. “Soit vous rachetez un billet maintenant, soit vous rappelez la compagnie emettrice du billet pour prolonger votre billet”. Lui ne peut rien faire car il est juste le transporteur blablabla... Le probleme, aujourd'hui nous somme dimanche... Tout se complique veritablement. Nous n'avons absolument pas les moyens de nous payer ce vol plus celui qui nous ramenera en Europe. ET oui il doit etre perime egalement. En plus nous avons rendez-vous avec Pat et Bertin a 19 heures a Sao Paulo. Nous lui expliquons tout cela avec l'insistance, l'angoisse et la fougue qui nous animent. Le directeur prend cela pour de la vehemence et nous propose de nous calmer ou de nous interdire l'acces a l'aeroport ! Nous croyions rever : sa compagnie, ses agents nous reservent les places dans le vol parce qu'apparemment tout roule au poil et nous mettent dans une situation impensable et lui nous menace. Enfin bref, depites et abasourdis nous n'avons pas d'autre solution que de retourner dans le centre de Santiago, de ne surtout pas ecouter les reacteur de NOTRE avion, de telephoner a nos amis pour leur annoncer la nouvelle et le lendemain d'essayer de prolonger la validite du billet. Le lendemain, a l'adresse que le directeur nous a donnee, se tient une compagmie aerienne differente. Ca continue ! Tres serviable l'hotesse nous explique que de toute maniere, il n'y a rien a faire... Heureusement, entre temps, nous avons contacte l'agence parisienne qui nous a fourni les billets. Elle nous explique que les billets valables deux ans sont tres difficiles a gerer et qu'elle aurait du nous en envoyer d'autres. Elle nous precise qu'elle nous remboursera le billet et nous enverra le dernier. Tout s'arrange donc, mais un doute subsiste encore. En effet, notre billet comprenait la surcharge de nos velos. Le nouveau, pris sur place avec une nouvelle compagnie l'acceptera-il ? Je vous embrasse toutes et tous tres fort A la prochaine Pourvu que ca dure...

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